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Les plus grandes victoires étrangères au Prix d'Amérique

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Les plus grandes victoires étrangères au Prix d'Amérique

Le Prix d’Amérique est une course française, disputée sur une piste française, devant un public français. Mais il est aussi, et c’est sa grandeur, une épreuve ouverte au monde. Au fil des décennies, des champions venus d’Italie, de Scandinavie et d’ailleurs sont venus défier les meilleurs trotteurs de l’Hexagone sur leur terrain. Certains y ont échoué. D’autres y ont triomphé, et leurs victoires résonnent encore dans la mémoire collective.

Varenne : le tremblement de terre italien

Impossible de commencer ailleurs que par Varenne. Quand le crack italien se présente à Vincennes pour le Prix d’Amérique 2001, sa réputation le précède : il est considéré comme le meilleur trotteur de la planète. Mais Vincennes, c’est un autre monde. La piste en montée, le public hostile aux envahisseurs, l’enjeu colossal : tout est réuni pour piéger l’étranger.

Sauf que Varenne n’est pas un trotteur ordinaire. Sous la conduite magistrale de Giampaolo Minnucci, le fils de Waikiki Beach produit une course d’école. Il attend son heure, remonte patiemment dans la montée finale, et s’impose avec une facilité qui laisse le public vincennois sans voix. En 2002, il revient et récidive, avec encore plus d’autorité. Deux Prix d’Amérique, une domination totale : Varenne a prouvé qu’un champion absolu transcende les frontières.

Ténor de Baune : la surprise belge

Avant Varenne, d’autres étrangers avaient déjà fait trembler Vincennes. Dans les années 1960 et 1970, des trotteurs venus de Belgique, de Suède et d’Allemagne avaient parfois bousculé la hiérarchie établie. Mais c’est dans les années plus récentes que l’internationalisation s’est véritablement accélérée.

Les propriétaires et entraîneurs étrangers ont compris que pour gagner le Prix d’Amérique, il fallait connaître Vincennes. Les meilleures écuries scandinaves envoient désormais leurs chevaux s’acclimater plusieurs semaines avant la course, les faisant courir dans les épreuves préparatoires pour apprivoiser la piste.

Maharajah : le sacre suédois

En 2014, c’est un autre coup de tonnerre. Maharajah, trotteur suédois entraîné par Stefan Hultman et drivé par Erik Adielsson, remporte le Prix d’Amérique devant un public médusé. Le représentant de la couronne suédoise livre une course tactiquement parfaite, profitant de sa vitesse de pointe pour faire la différence dans la montée finale.

Cette victoire est symbolique à plus d’un titre. Elle confirme la montée en puissance du trot scandinave, dont les méthodes d’entraînement et la qualité génétique rivalisent désormais avec les meilleures souches françaises. Solvalla a désormais son propre champion du Prix d’Amérique, et la fierté suédoise est immense.

Les Scandinaves, challengers permanents

Au-delà des victoires, ce sont les performances régulières des trotteurs nordiques qui impressionnent. Chaque année ou presque, un Suédois, un Norvégien ou un Finlandais parvient à se hisser dans les cinq premiers du Prix d’Amérique. Cette constance témoigne de la qualité exceptionnelle de l’élevage et de l’entraînement scandinaves.

La Norvège, en particulier, a produit ces dernières années des trotteurs capables de rivaliser avec les tout meilleurs Français. Les pistes rapides du Grand Nord, les hivers rigoureux qui forgent des chevaux résistants, la culture trotting profondément ancrée dans la société nordique : tout concourt à faire de la Scandinavie un vivier inépuisable de talents.

L’Italie, terre de champions

L’Italie occupe une place à part dans l’histoire internationale du Prix d’Amérique. Outre l’immense Varenne, d’autres trotteurs transalpins ont brillé à Vincennes. La tradition italienne du trot, portée par des familles d’éleveurs et d’entraîneurs passionnés, produit régulièrement des sujets d’exception.

Les entraîneurs italiens sont réputés pour leur rigueur et leur approche scientifique de la préparation. Ils n’hésitent pas à faire voyager leurs chevaux et à les confronter aux meilleurs dès leur plus jeune âge. Cette philosophie a porté ses fruits à Vincennes, où les couleurs italiennes sont toujours respectées.

Un Prix d’Amérique de plus en plus mondial

La tendance est claire : le Prix d’Amérique est devenu une affaire mondiale. Les barrières tombent, les échanges se multiplient, et le niveau global ne cesse de s’élever. C’est une excellente nouvelle pour la course et pour le spectacle. Car c’est dans la confrontation des meilleurs, quelles que soient leurs origines, que le Prix d’Amérique puise sa grandeur. Vincennes n’a pas de frontières.

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