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Les trotteurs légendaires qui ont marqué le Prix d'Amérique

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Les trotteurs légendaires qui ont marqué le Prix d'Amérique

Le Prix d’Amérique est une fabrique à légendes. Depuis plus d’un siècle, des trotteurs hors du commun ont foulé la cendrée de Vincennes et inscrit leur nom au panthéon du trot mondial. Certains y ont triomphé une fois. D’autres y sont revenus, encore et encore, comme aimantés par cette piste qui révèle les vrais champions. Voici les portraits de ceux qui ont marqué l’épreuve de manière indélébile.

Ourasi : le roi fainéant (1986, 1987, 1988, 1989)

Quatre victoires consécutives dans le Prix d’Amérique. Le record absolu, celui que personne n’a jamais égalé et que beaucoup considèrent comme inatteignable. Ourasi, surnommé le “roi fainéant” en raison de sa nonchalance apparente à l’entraînement, se transformait en machine de guerre le jour de la course.

Ce fils de Donarosa possédait un talent unique : la capacité de trouver une deuxième vitesse dans la montée finale, quand ses adversaires étaient déjà à bout de souffle. Drivé par Jean-René Gougeon, il a dominé le trot français de la fin des années 1980 avec une régularité confondante. Sa quatrième victoire, en 1989, devant un Vincennes en fusion, reste l’un des moments les plus émouvants de l’histoire du sport français.

Ourasi n’était pas seulement un grand cheval de course. Il était un phénomène populaire, une star au-delà du monde hippique. Son nom était connu de tous les Français, turfistes ou non. Il a fait plus pour l’image du trot que n’importe quelle campagne de communication.

Idéal du Gazeau : le précurseur (1980, 1981, 1982)

Avant Ourasi, il y a eu Idéal du Gazeau. Triple vainqueur du Prix d’Amérique, ce fils de roi a ouvert la voie aux dominations modernes de l’épreuve reine. Sous la conduite de Michel-Marcel Gougeon, il a régné sur Vincennes avec une classe folle, combinant puissance et élégance dans un style qui faisait l’unanimité.

Idéal du Gazeau était un trotteur complet : rapide, endurant, intelligent. Il avait cette capacité rare de s’adapter à tous les scénarios de course, de répondre à toutes les attaques, de trouver la solution dans les moments les plus critiques. Son troisième Prix d’Amérique, en 1982, est resté dans les mémoires comme une démonstration de force pure.

Varenne : le génie italien (2001, 2002)

Varenne transcende les frontières et les époques. Le trotteur italien, considéré par beaucoup comme le meilleur de tous les temps toutes nations confondues, a illuminé le Prix d’Amérique de deux victoires d’une facilité déconcertante. Sa supériorité était telle qu’elle en devenait presque irréelle.

Fils de Waikiki Beach, Varenne possédait une mécanique parfaite et une intelligence de course supérieure. Sous la conduite de Giampaolo Minnucci, il semblait courir dans une catégorie à part, capable d’accélérations foudroyantes qui laissaient ses adversaires sur place. Ses deux Prix d’Amérique sont des chefs-d’oeuvre de course, étudiés et admirés dans le monde entier.

Ready Cash : la vitesse incarnée (2011, 2012)

Ready Cash a révolutionné le trot par sa vitesse. Double vainqueur du Prix d’Amérique, ce fils de Kidnapping était un sprinter dans un corps de stayer, capable de soutenir un rythme infernal sur 2 700 mètres. Ses chronos à Vincennes ont repoussé les limites du possible.

Drivé par Franck Nivard, Ready Cash a marqué les esprits par ses remontées spectaculaires dans la dernière ligne droite. Son premier Prix d’Amérique, en 2011, restera comme l’une des plus belles courses jamais disputées à Vincennes : une remontée depuis l’arrière du peloton, un final en trombe qui a fait trembler les tribunes.

Bold Eagle : le dominateur (2017, 2018, 2019)

Bold Eagle a rappelé les heures les plus glorieuses d’Ourasi en réalisant un triplé dans le Prix d’Amérique. Ce fils de Ready Cash — la filiation n’est pas anodine — possédait l’arme absolue à Vincennes : un finish dévastateur dans la montée finale.

Entraîné par Sébastien Guarato et drivé tour à tour par Franck Nivard et Björn Goop, Bold Eagle a dominé sa génération avec une constance remarquable. Ses trois Prix d’Amérique ont été acquis de manières différentes — en tête, de derrière, au finish — prouvant sa polyvalence et son adaptation à tous les scénarios.

Roquépine, Bellino II, Général du Pommeau…

La liste des légendes du Prix d’Amérique est longue. Roquépine (1966, 1967), avec sa grâce et sa puissance. Bellino II (1974, 1975), pionnier du trot moderne. Général du Pommeau (1992, 1993), guerrier infatigable. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice, chacun a contribué à faire du Prix d’Amérique ce qu’il est aujourd’hui : la plus grande course de trot au monde.

Ces chevaux ne sont pas seulement des noms dans un palmarès. Ils sont des histoires, des émotions, des souvenirs partagés par des millions de passionnés. Ils sont la preuve vivante que le trot, quand il est porté à son plus haut niveau d’excellence, est l’un des plus beaux spectacles que le sport puisse offrir.

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